Refuser de polluer n’est pas un crime (la saison 2) !

signataires interpellent le préfet pour obtenir l'abandon des poursuites contre Thibault Liger-Belair, un autre viticulteur bio ayant refusé de polluer !


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Monsieur le préfet de Saône-et-Loire,

En intentant une procédure judiciaire à l’encontre de Thibault Liger-Belair, vous avez opté pour une fuite en avant que je regrette ouvertement.

Vous n’êtes pas sans savoir que la procédure engagée il y a deux ans contre Emmanuel Giboulot s’est soldée par une relaxe ; preuve que l’arrêté préfectoral obligeant les viticulteurs à épandre trois fois par an un insecticide toxique en vue de lutter contre la flavescence dorée est contestable juridiquement.

Au lieu de tenir compte de la diversité des pratiques et promouvoir les alternatives agronomiques que soutient et promeut l’agriculture biologique et biodynamique, vous avez opté pour une obligation de traitement des vignes dans des zones ou la flavescence dorée n’était pas avérée.

Je vous demande :
✔ de cesser toute procédure à l’encontre de Monsieur Liger-Belair ;
✔ de revoir l’arrêté préfectoral n°2012299-0003 afin de ne plus obliger les viticulteurs à traiter dans des zones où la flavescence dorée n’est pas avérée ;
✔ de réunir, dans les meilleurs délais, les acteurs de la profession afin d’envisager les solutions les plus efficaces pour lutter contre la flavescence dorée en tenant compte des écosystèmes, de la santé des viticulteurs et des riverains des zones traitées et de la qualité des produits.

Vous remerciant par avance de l’attention que vous ne manquerez pas d’accorder au présent courriel, je vous prie d’agréer, Monsieur le préfet, l’expression de mes sentiments les plus respectueux.


Après Emmanuel Giboulot (la saison 1), viticulteur en biodynamie en Côte d’Or, c’est au tour d’un autre vigneron bio, Thibault Liger-Belair (la saison 2), d’être poursuivi en justice pour avoir refusé d’épandre un insecticide toxique sur ses vignes et ce afin de lutter contre la flavescence dorée, maladie véhiculée par un insecte, la cicadelle.

Découvrez cette vidéo extraite du film « Insecticide mon amour » où Thibault nous explique pourquoi il refuse de traiter ses vignes :

■ Poursuivi pour avoir refusé de polluer !

Alors même que la procédure intentée par la préfecture de Côte d’Or à l’encontre d’Emmanuel Giboulot s’est soldée par une relaxe le 04 décembre 2014, la préfecture de Saône-et-Loire semble tentée de croiser le fer contre cet autre viticulteur bio afin de l’obliger à épandre un insecticide toxique, et ce de façon préventive et non ciblée.

■ Une réglementation différente d’un côté de la route à l’autre !

Pire, l’exploitation de Thibault Liger-Belair est située à cheval entre les départements de Saône-et-Loire et du Rhône. De fait :

  • une moitié de ses parcelles doit être traitée sur injonction du préfet de Saône-et-Loire ;
  • l’autre partie ne fait pas l’objet d’une obligation de traitement !

Une situation ubuesque que ce viticulteur bio a décidé de contester en refusant de polluer.

■ La viticulture bio est efficace et pas toxique !

L’insecticide utilisé aurait vraisemblablement éliminé la cicadelle mais également toute la faune auxiliaire. Or, les parcelles exploitées en bio ou en biodynamie exigent un savoir-faire agronomique qui n’a rien à voir avec les errements toxiques de la viticulture industrielle. Une sélection de cépages adaptés au territoire, un travail du sol qui ne se résume pas à détruire champignons, insectes et adventices mais au contraire à entretenir des synergies écosystémiques, et enfin un savant dosage mêlant luttes intégrées, savoir-faire, vigilance et prévention, voilà quelques-unes des recettes faisant aujourd’hui la force d’une viticulture biologique qui a le vent en poupe.

■ La viticulture bio est en plein boom !

Entre 2007 et 2012, la part des surfaces de vignes cultivées en bio a augmenté de 188 % en France pour représenter 8,5 % du vignoble, soit près de 65 000 hectares. La consommation a quant à elle cru de 57 % (pour un marché de 413 millions d’euros), marquant un véritable engouement pour un vin de qualité.

■ Arrêtons d’obliger les viticulteurs à polluer leurs parcelles !

Au lieu d’adopter des arrêtés obligeant tous les viticulteurs à polluer leur parcelle avec des insecticides toxiques, au lieu d’assigner les viticulteurs récalcitrants, le préfet de Saône-et-Loire doit cesser ce jusqu’au boutisme toxique et prendre acte du fait qu’il existe d’autres façons de contenir la flavescence dorée dans les zones où elle n’est pas avérée.

■ Interpellez le préfet de Saône-et-Loire !

Le préfet de Saône-et-Loire doit :

  1. abandonner la procédure judiciaire engagée à l’encontre de Thibault Liger-Belair
  2. revoir l’arrêté préfectoral n°2012299-0003 afin de ne plus obliger les viticulteurs à traiter dans des zones ou la flavescence dorée n’est pas avérée ;
  3. réunir, dans les meilleurs délais, les acteurs de la profession afin d’envisager les solutions les plus efficaces pour lutter contre la flavescence dorée en tenant compte :
    • des écosystèmes,
    • de la santé des viticulteurs et des riverains des zones traitées,
    • et de la qualité des produits.

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